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NOELLE ET L'ORDI 2

Mai 2002

La technique est notre Minotaure, tout comme l'est l'économie. Elles sont les deux faces
d'une même pièce. Elles nous dévorent, nous asservissent , nous lobotomisent, sans espoir
de réponse. Passer la simple commande de la livraison d'une pizza à domicile devient un
pensum : - répondeur automatique du vendeur de pizza qui vous dispache on ne sait où,
ordinateur qui ne marche pas et qui ne peut enregistrer votre adresse de livraison.
(quand écrire sur un simple carnet est tellement plus rapide .Le temps des machines
se substitue au temps humain, le temps passé pour la vendeuse à faire marcher son
ordinateur récalcitrant est nettement supérieur à l'écoute qu'elle consacre à son
client et à sa fonction première : le servir.
Quid de l'achat d'un billet de train qui demandait avant l'arrivée de l'ordinateur et
des centrales de réservation cinq minutes montre en main (impression d'un ticket) et
qui demande aujourd'hui un bon quart d'heure.

C'est l'aberration de notre époque, qui mine chacun d'entre nous à petit feu, sans que
les gens en prennent conscience. Interrogation continuelle des répondeurs (maison,
boulot, portable, codes d'accès divers qu'il faut mémoriser, fongibles qu'il faut
aller acheter pour le bon fonctionnement des machines sus considérées). La pensée,
la conscience de nos contemporains s'étiolent et la mienne avec. En plus j'ai en
moi un double mouvement contradictoire : résister et dépasser.

Dada (cliquer sur l'image) dada

Outre l'absurdité de cette situation qui frise souvent le cauchemar (dans des situations d'urgence) , elle engendre le doute permanent. L'humain ne compte plus sur ses forces, mais doit escompter sur celle des machines. Il en est tributaire, dépendant comme un drogué (qui connaîtrait la douleur de son plaisir dans un rapport de 10 pour 1).

L'ordinateur est arrivé dans nos sociétés avec la promesse de modernité (rationalisation, gain de temps, souplesse, multi tâches et j'en passe), c'est l'inverse qui s'est produit accompagné par la remise en cause de l'humain. S'il ne s'adapte pas c'est donc qu'il a tort (et non l'inverse)

La semaine dernière panne sur ma messagerie électronique. Elle ne voulait plus envoyer certains
messages et réagissait par une demande de confirmation de code incompréhensible , j'appelle la
hot line comme on dit. Le technicien a seulement pu me dire "que ce n'était pas normal" (au
bout d'une demie-heure de description explication de mon système etc;...). Deux jours après
panne totale. Refus absolu d'envoyer un quelquonque message électronique. J'appelle à nouveau,
le standard explose , mais n'explose qu'après que l'on est passé au minimum dix bonnes minutes
sur un répondeur surtaxé. (la panne reste pour le pourvoyeur le moyen le plus sûr de gagner de
l'argent). Enfin dans l'après midi on apprend enfin qu'ils ont répéré la panne.

Alors que faire dans cette galère : tempêter, fuir (mais où), résister (impossible), dénoncer
(surement) et puis humaniser la machine ou plutôt mettre de l'humain dedans , de l'art, des
questions et pas des réponses.

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